Changement d’heure :
comment rouler la nuit en toute sécurité ?
Chaque année, le dernier dimanche d’octobre marque le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver.
Le passage à l’heure d’hiver ne modifie pas seulement l’heure affichée : changer d’heure modifie aussi les conditions dans lesquelles vous prenez la route.
La nuit tombe plus tôt et certains trajets habituellement réalisés de jour se font dans l’obscurité après le passage à l’heure d’hiver.
Pour les automobilistes, cette baisse de luminosité demande une vigilance particulière.
Les piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes sont notamment plus difficiles à distinguer, tandis que l’éblouissement, la fatigue et une visibilité réduite peuvent compliquer la conduite.
Comment bien préparer son véhicule et adapter sa conduite après le changement d’heure ? Voici les principaux réflexes à adopter pour conduire de nuit dans de bonnes conditions de sécurité.
- Vérifiez le fonctionnement et la propreté de vos phares et feux ;
- Nettoyez régulièrement votre pare-brise, vos vitres et vos rétroviseurs ;
- Contrôlez vos essuie-glaces et votre liquide lave-glace ;
- Vérifiez l’état et la pression de vos pneus ;
- Adaptez votre vitesse à la visibilité et aux conditions de circulation ;
- Conservez une distance de sécurité suffisante ;
- Soyez particulièrement attentif aux piétons et aux cyclistes ;
- Ralentissez à l’approche des passages piétons et des zones peu éclairées ;
- Utilisez correctement vos feux pour voir sans éblouir ;
- Ne fixez pas directement les phares des véhicules arrivant en face ;
- Faites une pause dès les premiers signes de fatigue ;
- Ne prenez pas le volant si vous êtes trop fatigué pour conduire.
Pourquoi le changement d’heure modifie-t-il les conditions de conduite ?
En France, dans la nuit du samedi au dernier dimanche d’octobre, les horloges reculent d’une heure.
Ce changement d’heure entraîne une tombée de la nuit plus précoce, notamment en fin d’après-midi.
Cette modification intervient à une période où les déplacements sont encore nombreux : retour du travail, sorties d’école, courses ou activités de fin de journée.
Selon l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR), la nuit tombe pendant l’heure de pointe des déplacements domicile-travail le soir, ce qui peut entraîner un surrisque d’accident notamment pour les piétons et les cyclistes qui sont moins visibles.
Entre 2020 et 2024, l’ONISR constate d’ailleurs une augmentation de 34,9 % des accidents corporels impliquant un piéton entre 17 h et 19 h après le passage à l’heure d’hiver.
Quels sont les principaux risques lorsque l’on conduit de nuit ?
La nuit demande davantage d’attention et engendre des risques accrus pour tous les usagers de la route que vous soyez au volant d’une voiture, piéton, cycliste, motard ou que vous circuliez sur un autre type d’engin.
La visibilité réduite
Dans l’obscurité comme pendant les épisodes météorologiques (pluie, vent…) qui coïncident souvent avec la période du changement d’heure, la visibilité sur la route peut être plus compliquée et entraîner des risques plus importants.
Les obstacles sur la chaussée, les piétons, les cyclistes ou encore les deux-roues peuvent être plus difficiles à distinguer, en particulier dans les zones peu éclairées.
La Sécurité Routière rappelle que, la nuit, la vision des contrastes et des couleurs diminue et que l’appréciation du relief et des distances peut être perturbée.
Selon l’ONISR, près de 43 % des piétons tués sur une année le sont sur la période d'octobre à janvier.
Si vous êtes piéton, cycliste ou en trottinette, assurez-vous d’être toujours bien visible.
- Si vous êtes à pied, portez des vêtements clairs voire un vêtement réfléchissant pour vous rendre visible dès la tombée du jour.
- Si vous êtes à vélo ou en trottinette, vérifiez les éclairages avant et arrière de votre engin, porter un gilet et/ou des accessoires rétroréfléchissants pour être visible et n’oubliez pas de porter un casque.
L’expérience de la Sécurité routière démontre que dans un véhicule roulant à 50 km/h, un piéton vêtu de vêtements sombres n’est visible qu’à environ 28 mètres contre 44 mètres s’il porte une tenue rétroréfléchissante.
L’éblouissement des phares
Les phares d’un véhicule arrivant en sens inverse peuvent provoquer un éblouissement temporaire.
Pour limiter la gêne, évitez de fixer directement les phares du véhicule qui arrive face à vous.
Pensez également à passer en feux de croisement lorsqu’un véhicule arrive en face de vous afin de ne pas éblouir le conducteur à votre tour.
De plus, en cas de mauvaise météo, la vigilance doit être accrue car l’eau sur la chaussée amplifie les reflets des phares et des lampadaires et rend le freinage plus long.
La fatigue et la somnolence
Le changement d’heure a une incidence sur le rythme biologique et la vigilance. Le cerveau régule naturellement l’éveil et le sommeil grâce à la lumière du jour.
Lors du passage à l’heure d’hiver, la nuit dure plus longtemps. Au moment du lever, il fait souvent encore nuit et la nuit tombe tôt en fin de journée.
Les repères de sommeil sont donc bousculés : il est parfois difficile de prendre ce nouveau rythme. Difficultés d’endormissement, troubles du sommeil et fatigue influent sur la baisse de vigilance en journée.
Selon les chiffres de la Sécurité Routière, au volant, le risque de collision est multiplié par 8 lorsqu'un conducteur est somnolent.
Si vous ressentez les premiers signes d’endormissement, arrêtez-vous dans un endroit sécurisé et faites une courte sieste pour permettre de récupérer avant de reprendre la route.
Ouvrir la fenêtre de votre voiture pour sentir l’air frais ou augmenter le volume de la musique ne permet pas de lutter durablement contre la somnolence.
Lorsque le sommeil arrive, le bon réflexe est de s’arrêter et de se reposer.
Si vous ressentez de la fatigue avant de prendre la route, différez votre départ et faites une sieste avant de conduire pour limiter les risques d’accident.
Comment préparer sa voiture à la conduite de nuit ? 3 vérifications essentielles
Avant de prendre le volant de nuit pendant la période du passage à l’heure d’hiver, quelques vérifications simples permettent d’améliorer votre visibilité et d’assurer votre sécurité et celles des autres usagers de la route.
1. Vérifiez vos phares et vos feux
Quelle que soit la saison mais surtout en automne et en hiver durant les mois où la nuit tombe plus tôt, contrôlez régulièrement le fonctionnement des équipements de visibilité de votre véhicule à savoir :
- Les feux de position ;
- Les feux de croisement ;
- Les feux de route ;
- Les feux stop ;
- Les clignotants ;
- Les feux arrière.
Des phares sales peuvent également réduire la qualité de l’éclairage.
Pensez à les nettoyer et faites contrôler le réglage de vos optiques en cas de doute sur l’efficacité d’éclairage de votre véhicule.
2. Gardez votre pare-brise propre
Un pare-brise sale peut devenir particulièrement gênant la nuit.
En effet, les lumières des véhicules qui arrivent en face peuvent se réfléchir sur les traces et les dépôts présents sur la surface vitrée.
C’est pourquoi il est recommandé de nettoyer régulièrement le pare-brise, les vitres et les rétroviseurs de votre véhicule.
Vérifiez également l’état de vos essuie-glaces (changez-les s’ils sont abîmés) et faites régulièrement un contrôle du niveau de liquide lave-glace.
Ces vérifications font partie des recommandations essentielles de Sécurité routière pour conserver une visibilité optimale au volant et limiter le risque d’accident lié à la visibilité.
Vous circulez à deux-roues (moto, scooter…) ?
Pensez à nettoyer la visière de votre casque régulièrement, ainsi que la bulle ou le saute-vent de votre véhicule s’il en est équipé pour avoir une visibilité optimale.
3. Vérifiez vos pneus
L’automne apporte également son lot de pluie et de chaussées humides.
Avant les premiers épisodes de mauvais temps, il est essentiel de vérifier l’état général de vos pneus et leur pression.
Une bonne adhérence est essentielle pour conserver le contrôle du véhicule notamment lorsque la chaussée est mouillée dès le changement de saison.
Lors du passage à l’heure d’hiver, ne conservez pas vos pneus été. Lorsque le thermomètre passe sous les 7°C, la gomme des pneus été durcit et perd son adhérence sur route mouillée, verglacée ou enneigée.
Par ailleurs, selon votre région, vous devez respecter la Loi Montagne qui impose du 1er novembre au 31 mars chaque année, l'installation de pneus hiver, de pneus 4 saisons homologués ou la détention d'équipements amovibles (comme des chaînes ou des chaussettes à neige).
Quels réflexes adopter pour conduire de nuit en sécurité ?
La baisse de la luminosité et les conditions climatiques automnales ou hivernales modifient profondément les conditions de circulation.
Entre fatigue de fin de journée, perte de repères visuels et survenue précoce de l'obscurité après le changement d'heure, le risque d'accident augmente sensiblement sur la route.
Pour protéger les usagers les plus vulnérables et circuler sereinement une fois le soleil couché, plusieurs ajustements simples mais essentiels s'imposent dans vos habitudes de conduite.
Adaptez votre vitesse à la visibilité
La nuit, votre capacité à détecter un obstacle peut être réduite.
Si la visibilité diminue, notamment sous la pluie, dans le brouillard ou sur une route peu éclairée, il est nécessaire d’adapter votre vitesse en conséquence.
La limitation de vitesse est une limite à ne pas dépasser mais elle ne constitue pas une vitesse à maintenir quelles que soient les conditions.
L'abaissement de la vitesse maximale en cas de pluie est strictement obligatoire
Selon l'article R413-2 du Code de la route, les limitations de vitesse sont automatiquement réduites dès qu'il y a de la pluie ou d'autres précipitations (neige, grêle), même si aucun panneau spécifique ne l'indique.
La vitesse maximale en cas de fortes pluies passe :
- De 130 km/h à 110 km/h sur les autoroutes
- De 110 km/h à 100 km/h Sur les voies rapides et routes à double sens séparées par un terre-plein central
- De 90 km/h à 80 km/h sur certaines routes nationales et départementales.
En cas de pluie est très forte, de tempête ou de brouillard, si la visibilité tombe en dessous de 50 mètres, la vitesse maximale obligatoire est immédiatement fixé à 50 km/h sur l'ensemble du réseau, y compris sur autoroute.
Gardez une distance suffisante avec le véhicule qui vous précède
Une distance de sécurité suffisante vous laisse davantage de temps pour réagir si le véhicule devant vous freine ou si un obstacle apparaît.
Les distances de sécurité sont essentielles pour vous permettre d’anticiper et d’éviter un accident.
Si vous conduisez de nuit ou à la nuit tombante, ne vous servez pas du véhicule qui vous précède comme d’un guide : concentrez toujours votre attention sur l’ensemble de la chaussée et de ses abords et maintenez vos distances de sécurité à tout instant.
Soyez particulièrement vigilant aux abords des passages piétons
À l’approche d’un passage piéton, ralentissez et observez attentivement les deux côtés de la chaussée.
Un piéton peut être masqué par un véhicule stationné et être difficile à distinguer dans une zone peu éclairée.
Soyez particulièrement vigilant en agglomération au niveau des passages piétons.
En France, l'arrêt à un passage piéton est strictement obligatoire dès qu'un piéton est engagé ou manifeste clairement l'intention de traverser.
Le non-respect de cette règle constitue une infraction au Code de la route passible d'une amende forfaitaire de 135 € et d'un retrait de 6 points sur le permis de conduire.
Utilisez correctement vos feux
L'utilisation appropriée de l'éclairage est une obligation légale autant qu’une priorité absolue pour votre sécurité.
Dès que la luminosité décline, l’allumage des feux de croisement est indispensable pour identifier le profil de la route et rester visible des autres usagers.
Sur les portions de chaussée non éclairées et libres de toute circulation, passez en feux de route (plein phares) pour maximiser votre champ de vision.
Toutefois, vous devez impérativement repasser en feux de croisement dès que vous croisez un autre véhicule ou que vous vous insérez derrière lui afin de ne pas l'éblouir dans ses rétroviseurs.
Si un automobiliste arrivant en sens inverse oublie de couper ses feux de route (plein phares) : évitez de fixer directement la source lumineuse et portez votre regard vers l’accotement droit pour maintenir correctement votre trajectoire sans être aveuglé.
Par ailleurs, utilisez vos feux de brouillard (avant et arrière) uniquement en cas de forte brume, de chute de neige ou de pluie diluvienne comme indiqué par le Code de la route.
Renforcez l’attention envers les piétons et les cyclistes
Après le changement d’heure, la nuit tombe plus tôt alors que les déplacements de fin de journée sont encore nombreux (sorties d’école, retour du travail…).
En tant qu’automobiliste, cela signifie que vous devez porter une attention particulière aux personnes qui circulent à pied, à vélo ou encore en trottinette électrique par exemple.
Certains lieux au sein des agglomérations méritent une attention particulière pour éviter les accidents, à savoir :
- les abords des écoles ;
- les arrêts de bus ;
- les passages piétons ;
- les intersections ;
- les pistes et bandes cyclables ;
- les abords des commerces ;
- les zones peu éclairées.
Quand vous approchez de ces lieux, adaptez votre allure en ralentissant et soyez spécialement attentif.